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Créer un poulailler urbain collectif

Si vous souhaitez mettre en place un poulailler urbain collectif, alors cet article est pour vous. Vous y trouverez une vidéo présentant le poulailler bruxellois du Viaduc, ainsi que les éléments indispensables à sa mise en place :

  • le soutien des instances communales,
  • la participation des familles,
  • le choix des poules,
  • le budget détaillé,
  • la construction de sa structure.

À Bruxelles, dans le parc du Viaduc, il y avait un compost. Il y a maintenant un poulailler. Six poules habitent une volière de 20 m2 au sein d’un enclos de 200 m2. Seize familles se relayent pour s’occuper des gallinacés et profiter de leurs œufs. Chacune est responsable du poulailler tous les deux mois, pendant une semaine.

Soutien des instances communales

Le poulailler a été installé dans un des parcs publics de Bruxelles. La commune d’Ixelles a soutenu l’idée. Elle a fourni une aide concrète par l’installation d’une clôture en châtaignier et des fondations du poulailler, permettant ainsi la pose d’un grillage souterrain entouré de dalles de béton. Enfin, elle soutient financièrement l’entretien annuel du poulailler.

Trouver les familles participantes

Qui dit « collectif » dit : trouver des familles pour se relayer et prendre soin des poules. L’une des co-fondatrices du projet, Christine Flasschoen se souvient : « Avant de se lancer dans la réalisation du projet, on a voulu être sûr de pouvoir compter sur l’intérêt de suffisamment de gens. On a préparé un texte qu’on a déposé dans toutes les boîtes aux lettres des rues autour du parc en invitant à une réunion. On a été très agréablement surpris parce qu’il y avait entre 20 et 30 réponses positives de personnes souhaitant faire partie du collectif. La construction et l’installation du poulailler ont pris environ 9 mois. Après ce laps de temps, le poulailler a été bâti dans le parc. On a recontacté les gens. Certains avaient déménagé. Mais entre-temps, le poulailler collectif était devenu visible, et d’autres se sont manifestés pour participer.”

Quelle race de poules ?

Le collectif a acheté six poules réputées bonnes pondeuses : les races Harco, Garrison et Warren. Par semaine, les poules donnent environ 35 œufs (janvier 2020). Les deux familles responsables de la semaine se partagent la “récolte”. Christine raconte : “Il est possible qu’on passe à 8 ou 10 poules à un moment, parce qu’au bout d’un moment, les poules pondent moins”.

Arrivée des poules au poulailler urbain collectif du Parc du Viaduc

La construction du poulailler urbain

“Pour la construction du poulailler, on voulait quelque chose de durable. On a été très bien conseillé par un menuisier, qui nous a aiguillés vers un grossiste de bois qui a suggéré de travailler en bois de mélèze certifié durable: ça ne demande pas d’entretien, ça ne bouge pas et résiste bien aux intempéries mais c’est nettement plus cher que du pin. Nous avons construit le poulailler dans l’atelier d’un menuisier aux glacières de Saint-Gilles à quatre car le Covid ne permettait pas de rassemblements. Un autre menuisier, membre du collectif Re-scept, Christine, le menuisier et moi-même avons construit le poulailler” partage l’un des trois co-fondateurs Willy van Hoef.

La structure du poulailler urbain

Dans l’enclos, il y a une aile pour le repos et une autre dédiée à l’alimentation (avec réservoir d’eau, distributeur de graines, balançoire à salade et autres compléments apportés par les familles).

Les poules apprécient de dormir en hauteur. Une porte automatique est programmée pour s’ouvrir et se fermer, matin et soir, en fonction de la lumière, ou d’après une heure prédéterminée. L’objectif est de permettre aux poules d’être bien en sécurité la nuit.

Un grillage sous la volière empêche les renards ou les fouines de pénétrer dans le poulailler. Il y a aussi une grille au-dessus de la volière pour que les oiseaux ne mangent pas les graines des poules.

“Dans les pondoirs, on a mis de la paille. Sur le reste de la surface du poulailler, il y a des copeaux de bois, pour absorber l’humidité et les fientes des poules. On change les copeaux une fois par semaine”, raconte Christine.

Les fientes des poules sont récupérées pour fertiliser notre potager. Et les copeaux de bois vont au compost, apport intéressant car le compost de ville est très humide” ajoute Willy.

“Un grand problème pour les poules, c’est l’humidité. Ce n’est pas bon pour elle de patauger dans la boue. Du coup, on a recouvert de plastique une partie de l’enclos. Ça leur permet d’avoir six mètres carrés au sec”.

Pour lutter contre les parasites, les poules ont aussi un bac à sable composé de sable du Rhin, de terre de Diatomé et de cendres de bois: elles se roulent dedans pour garder une bonne hygiène.

La cabane de stockage

Dans la cabane, on stocke les outils pour nettoyer le poulailler, les graines des poules, les copeaux de bois, et les œufs pondus. Les familles notent dans un carnet les événements de la semaine et les œufs pondus. Ça permet une communication entre familles et les responsables du projet. La ponte est un baromètre de la santé des poules. Les clés du poulailler sont transmises chaque dimanche d’une équipe à l’autre.

Le budget d’un poulailler urbain collectif

Les frais d’investissement du poulailler pour la première année (environ 3900 euros) ont été financés par Bruxelles — Environnement. Les frais annuels seront couverts par la commune d’Ixelles (600 euros).

Le poulailler a coûté 2000 € en bois de mélèze certifié FSC européen/issu d’une forêt à gestion durable. On a aussi acheté 14 mètres de plastique pour protéger une partie de la volière contre la pluie (210 €).

La porte automatique prévue à 150 € nous est revenue à 220 € car la rupture de stock nous a obligés à prendre un modèle premium et avec livraison.

Le grillage de soubassement de l’enclos coûtait 120 €. 

La cabane (produit belge), le soubassement ainsi que le plancher sont revenus à 620 €.

L’achat des 6 poules se montait à 84 €.

Le petit matériel poulailler et cabane et nourriture et produits sanitaires 400 €, et on a dépensé 180 € en communication.

Enfin, 200 € de petit matériel en tout genre, quincaillerie, cadenas, clés ont été nécessaires, etc. (tout le poulailler est muni de cadenas.)

L’une des co-fondatrices a dessiné le poulailler et les illustrations pour nos panneaux de communication. On a pu compter sur l’aide précieuse et l’expertise de deux menuisiers au projet.

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3 réponses sur « Créer un poulailler urbain collectif »

Bonjour Lucie Tesniere, ton blog est magnifique, merci pour cette expérience partage sur la création d’un poullailer urbain collectif.J’ai découvert les trois races de poules pondeuses: les Harco, les Garrison, et les Warren😊, merci infiniment😊

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