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Dons et échanges

Cultiver un jardin en ville avec le co-jardinage

“Savez vous planter chez nous” met en lien gratuitement les personnes qui ont un jardin avec des gens qui rêvent de cultiver un potager. Une solution idéale pour avoir un jardin en ville quand les potagers collectifs affichent complet.

La plateforme “savez vous planter chez nous” est active en Belgique, au Luxembourg, en France et en Suisse (et même au Canada). La fondatrice du site Chantal Perdigau nous en dit plus:

Est-ce que vous pouvez nous présenter votre projet?

“Alors, il y a deux concepts :

  • Le cojardinage : C’est la mise en relation gratuite de personnes qui ont un jardin et qui ne le cultivent pas — par manque de compétences, de temps ou pour des problèmes de santé — avec des gens qui n’ont pas de jardin et rêveraient de cultiver un potager.
  • le 2e concept, ce sont les “choux-choux” : la présentation d’une sélection de professionnels de l’éco-jardinage. Les jardiniers peuvent s’y approvisionner pour jardiner de façon écologique et locale”.

Quelles sont les réalisations les plus inspirantes que vous avez observées ?

“Un apiculteur amateur est allé sur le site pour chercher un terrain où installer des ruches. Il est tombé sur l’annonce d’un propriétaire à 5 minutes de chez lui, qui mettait son terrain à disposition pour des ruches parce que c’était un passionné d’apiculture ! Le propriétaire était hyper heureux parce que ça l’initiait à l’apiculture. Quelques années plus tard, ils m’ont recontactée pour me dire que l’échange continuait: il y a désormais 5 ruches dans le jardin. Et les voisins participent maintenant à la récolte du miel ! Souvent, ce projet crée du lien entre les co-jardiniers, mais aussi avec les voisins qui voient l’évolution du jardin. 

Un autre propriétaire a prêté son jardin à un passionné de jardinage. Le gars a commencé petit. Puis, il s’est pris de passion pour ce potager et a décidé de participer au concours du « plus beau potager de France ». Il a fini 2ème ! Le jardin était juste magnifique avec ses hôtels à insecte et ses petites serres. Le propriétaire était ébahi de voir son jardin se transformer de cette façon !”

Avoir un jardin en ville: c’est quoi les bonnes conditions pour que ça marche ?

Il faut bien s’entendre. C’est un échange qui s’inscrit sur la durée. Ce n’est pas comme le co-voiturage, dans lequel on fait un voyage de quelques heures et après on ne se voit plus. C’est une question d’amitié, de feeling. 

Puis, on se met d’accord sur le type de culture, la façon de jardiner, la régularité des passages du jardinier, s’il faut acheter des outils, sur un éventuel partage de frais.

Les gens peuvent commencer à échanger sur le site : il y a une messagerie internet. Ils se rencontrent si le feeling passe. Quand les deux parties sont d’accord, je conseille aux propriétaires d’essayer: il n’y a pas grand risque. Si ça ne marche pas, on met fin à l’échange.

Comment vous est venue cette idée ?

En observant mon entourage. Je voyais des propriétaires de jardin en ville, qui n’avaient pas le temps de s’en occuper, mais avaient l’envie de manger sain, de déguster les légumes du potager. D’un autre côté, des personnes se lamentaient de ne pas avoir de jardin, cultivaient un balcon ou étaient sur la liste d’attente d’un jardin partagé. Je me suis dit: il y a quelque chose à faire pour favoriser partage, entraide et convivialité !

J’ai fait ce site en 2011. À l’époque, c’était très précurseur. C’était le début de l’économie du partage, du covoiturage etc. Ça a commencé par des annonces dans la région de Toulouse. Puis, ça s’est disséminé un peu partout en France et en Belgique, en Suisse et au Canada. Il y avait vraiment un public de personnes qui souhaitaient se mettre ou se remettre à cultiver un jardin en ville”.

“Les choux-choux”

“Tous ces apprentis jardiniers avaient besoin d’outils, de plantes, d’engrais. Je voulais inciter à jardiner de façon écologique. Les gens ont le réflexe d’aller dans de grandes surfaces botaniques, alors qu’il existe plein de producteurs de plantes qui sont des petites structures familiales : des producteurs de roses, d’orchidées, de plants potagers, de plantes aromatiques, des gens qui font des choses formidables et qui n’ont pas forcément le temps ou les compétences pour communiquer.

Alors, j’ai ouvert une rubrique sur le site « les chouchous ». C’est un annuaire géolocalisé, qui met en avant des spécialistes du jardinage biologique ou des artisans locaux. Il n’y a pas longtemps, j’y ai présenté une femme qui tisse des paniers de récolte à la main, c’est la dernière artisan de France à faire ça ! Elle a hérité ce savoir-faire de son grand-père.

 Les Choux-Choux paient une adhésion annuelle pour être présentés, et géolocalisés sur le site. Ils peuvent aussi vendre leurs produits artisanaux sur la boutique du site. Ça permet de générer de l’argent pour le site, et en même temps, d’être utile aux professionnels du jardin. Ceux-ci deviennent les sponsors du co-jardinage, tout en gagnant de la visibilité sur internet. Et ça permet à ceux qui co-jardinent de découvrir des adresses qu’ils ne connaissent pas”.

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